Les chambres supérieures de l’hôtel ont été pensées comme un trident, lance emblématique du dieu Neptune dans la mythologie latine. Chacune des composantes de ce trident s’avère donc absolument originale, à tel point que certains clients n’hésitent pas à réserver les trois consécutivement dans le même séjour afin d’en découvrir toutes les subtilités.

La première suite, aussi appelée Sanctuaire de Dewi Sant, se rencontre au niveau supérieur du bâtiment principal. Infusée par les travaux de la célèbre architecte d’intérieur Kathryn M. Ireland, elle propose une chambre de style classique dans le plus pur esprit celtique doublée d’une pièce à vivre bien plus contemporaine hébergeant une vue imprenable sur la pointe du Conguel ainsi que sur l’océan Atlantique qui naît en ce lieu pour ne plus s’achever. La chambre est dotée d’un grand lit à baldaquin au bois sombre et aux tentures dont les motifs furent inspirées par les légendes locales, d’un mobilier habité de motifs floraux ainsi que de diverses imitations de peintures de Paul Gauguin, peintre parisien dont le pinceau a maintes fois chanté les louanges de la région; les couleurs de ces oeuvres se marient parfaitement au charme gai et paisible d’un lieu de repos réservé aux plus conservateurs en matière de design. La salle de bains adjacente reprend cette thématique vintage en se focalisant sur un choix de matériaux que d’aucuns jugeraient désuets aujourd’hui: structures en bois massif, ornements métalliques, objets en céramique, chauffage au charbon, baignoire en ilôt cuivrée et quelques fleurs séchées achèvent de consacrer l’aspect général de la chambre.

L’esprit de la Bretagne

Les concepteurs, fidèles à l’esthétique de Kathryn Ireland, ont ajouté à l’ensemble des papiers peints à motifs floraux savamment disposés à travers la pièce ainsi que des patchworks aux couleurs pastels permettant d’agrémenter l’ensemble. La grande fenêtre de type hublot figurant au-dessus de la baignoire apporte une luminosité exceptionnelle qui vient sublimer le mariage du neutre et de l’arc-en-ciel voulu par les architectes. Les spots utilisés pour éclairer l’espace au-dessus du lavabo sont intégrées à des structures métalliques récupérées sur les brocantes locales puis restaurées, ce qui confère un style plus industriel à cette partie. Pour couronner le tout, un superbe lustre cristallin vient illuminer ce bref havre de paix pour les bains nocturnes (on notera que la luminosité peut être réglée en fonction de la température de l’eau du bain). La salle de vie est quant à elle nettement plus contemporaine, bien que toujours à la recherche d’épuration et d’espace: parquet flottant grisé retravaillé afin de lui donner des reflets plus authentiques, murs blancs immaculés sans fioritures, table de bois clair et deux grandes fenêtres donnant sur l’extérieur ponctuent l’ensemble. Cette chambre ne possède ni balcon ni terrasse du fait de sa localisation particulière au sein de l’hôtel (l’été, les nuisances sonores peuvent être importantes en provenance du jardin extérieur et c’est donc pourquoi, dans le souhait de maximiser l’isolation phonique des lieux, les designers ont décidé de ne pas inclure ce type de commodités dans le Sanctuaire de Dewi Sant). 

La seconde chambre supérieure, dite Berceau des milesiens, joue sur les faux-semblants: si l’extérieur reprend trait pour trait le dessin ancestral des chaumières bretonnes, l’intérieur est un exemple de modernité et de confort aux technologies avancées. Vitres sans tain pour profiter des paysages et de la luminosité en toute intimité depuis les pentes de son oreiller, cheminée électrique, grand dressing, jacuzzi dissimulé sous le plancher au pied du lit, salle à manger dernier cri, parquets flottants, grand lit ras-du-sol à la japonaise, fauteuils d’été et rocking-chair auto massants sur la terrasse intégrée à l’arrière… La salle de bains, quant à elle, plutôt que de se contenter des modèles classiques du genre, se voit ici intégrée à la terrasse extérieure. La structure et les murs la protégeant des intempéries l’hiver venu se révèlent parfaitement rétractables et permettent, l’été venu, de profiter d’une douche sous le soleil tout en perdant son regard dans la contemplation des alentours. 

La dernière suite (ou “Nuage de Belisama) est aussi la plus spectaculaire: inspirée par les décors des légendes locales, elle se dissimule au sein des branches d’un chêne de Tronjoly centenaire, à distance raisonnable du bâtiment principal; destinée à ceux recherchant un lieu de retraite unique mettant l’accent sur la communion avec Mère Nature, orientée plein sud, érigée exclusivement à base de bois, disposant d’un jacuzzi privatif sur la terrasse, d’un grand lit rond, d’une salle de douche irriguée par un réservoir d’eau de pluie, d’une cheminée électrique, d’un espace sauna et d’un jardin potager, elle offre un brin d’amour dans un océan de bien-être.